Foetus ([info]oofoetusoo) wrote,
@ 2008-10-12 19:39:00
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'Where We Stay Awake All Night' - NC-17 - Chap 5/?

Titre : Where We Stay Awake All Night
Auteur : [info]oofoetusoo 
Type : Fic
Personnage(s)/Couple(s) : Majoritairement du Jared/Jensen bien entendu, un court épisode de Jared/Sandy, le tout avec en fond quelques autres couples qui vous seront peut-être familiers (Tom/Mike ; Alona/Chad ; Chris/Steve ; Gale/Randy ; Wentworth/William)
Chapitre : 5/?
Rating : Huh… NC-17, au cas où
Genre : RPS/ UA
Résumé : Jared a vingt-deux ans, il est insomniaque. Un brin névrosé, il est obsédé par l’idée de ne jamais perdre de temps. Il vit plus ou moins heureux avec sa petite amie qui, malgré tous ses efforts, lui fait perdre du temps.
Un jour, il rencontre Jensen et Jenny.
Jensen et Jenny sont jumeaux, et ils sont insomniaques. Ils ne se supportent pas, ce qui embête beaucoup Jared qui tombent gentiment mais surement amoureux des deux, sauf que… pas vraiment en fait.
Il envisagerait bien un ménage à trois, et si ce n’est pas tout à fait légal, finalement avec cette solution il n’est pas très loin du compte…
Disclaimer : Je ne dis que des mensonges, encore des mensonges, toujours des mensonges.
Note : Jensen, Jared, des boîtes aux lettres et du café

Art : Textures and brushes, © Hybrid Genesis




 

¯ '°º[~ CHAPITRE CINQ ~]º°'¯



Jensen signa l’assemblage de jurons le plus grossier de sa misérable existence en appuyant sur l’horrible hématome bleu moucheté mauve qui s’étalait sur sa tempe et venait encercler le bord de son œil.

Il avait justement besoin de ça, plus qu’à laisser les règles du Fight club dans la photocopieuse et le corps enseignant, qui s’appliquait déjà si bien à jaser sur son compte, n’aurait plus qu’à mourir par overdose de rumeurs.

Il claque la porte de l’appartement en s’agrippant à sa tasse de café comme si sa vie en dépendait, ce qui était dans le fond un peu le cas, et s’engouffra dans l’ascenseur qui, seule consolation, était à son étage.

Arrivé au rez-de-chaussée il manqua percuter quelqu’un en se dirigeant aveuglément vers les boîtes aux lettres tout en cherchant la bonne clef.

Son premier réflexe fut de fermer les yeux très fort et de se reculer brusquement en refermant ses bras autour de lui dans un geste de protection. Mais une gigantesque main s’enroula gentiment autour de la sienne et de la tasse qu’il avait presque lâché sous l’effet de la surprise.

Il releva la tête pour s’excuser et oublia instantanément comment s’y prendre.

Plus de barbe, plus de piercings, moins de sérieux, mais incontestablement, le même regard insupportable, le même océan de lucidité ininterrompu, le même marc de cogito trop intense dans la tempête sans couleur précise de ses yeux en amande.

- Si je t’avais fait un autre bleu en plus d’avoir renversé ton café je m’en serais beaucoup voulu.

Familier.

Jensen détestait ce genre de familiarité. La main, le tutoiement, le flirt.

Pourtant à cette seconde ? Impossible de se souvenir de ce mécanisme haineux qui en d’autres circonstances l’aurait fait reculer de quelques bon mètres en grinçant des dents.

- Huh… Merci ?

- Pas de problème.

Toutes ces dents, tous ces cheveux, tous ces centimètres. La situation le dépassait. Le gars aussi.

- C’est du café ?

Jensen le dévisagea sans comprendre pendant cinq longues secondes et le type éclata de rire.

- Dans ta tasse mec ! Tu n’as pas l’air du matin…

Il baissa les yeux vers sa tasse, sa ridicule tasse noire et fêlée, et la tendit vers le jeune homme un peu maladroitement. Son regard insoutenable, qu’il s’efforçait pourtant de soutenir, s’éclaira et il sourit plus large encore. Jensen se demanda secrètement comment une telle chose était physiquement possible.

- Sérieux ? Je peux le finir ?

Okay. Rencontre du troisième type.

Il ne faisait pas confiance à sa voix trop loin enfouie dans ses tripes, elle semblait se cacher des inflexions chaleureuses de cet énergumène effrayant. Jensen avait toujours soupçonné son corps d’être un traître, en dérangement quand il en avait le plus besoin. Il se contenta donc d’hocher la tête dans un faible sourire. C’était sans doute déjà miraculeux.

Donner son café ?! Son carburant du matin ? Sa drogue, sa vie ? Le céder au premier venu ? Est-ce que le mec le possédait par télépathie ? Obiwaned !

Le jeune homme n’avait toujours pas lâché sa main, lorsqu’il le fit ce fut pour repartir avec la tasse de café fumant.

Jensen l’observa porter le breuvage à son nez et le humer en gémissant sans honte.

Une drôle d’expression emprisonna son visage et pendant l’espace d’une seconde Jensen aurait pu jurer qu’il avait l’air triste. Il lui rendit la tasse en poussant un soupir à déraciner des baobabs.

- Insomniaque, offrit-il en guise d’explication pour ce soudain revirement de situation. J’ai pas le droit au poison noir.

Insomniaque. Ça expliquait beaucoup de choses. Enfin un peu. Enfin pas vraiment.

 L’estomac de Jensen lui rendit gracieusement sa voix. Elle était un peu rauque, un peu cassée, mais au moins elle était là.

- Pour être passé par la phase de suppression de tout excitant, je peux t’assurer que ça ne guérit pas l’insomnie, ça ne l’altère même pas. Est-ce que ça la nourrit ? Je ne sais pas, et je m’en fou.

Qu’est-ce qu’il faisait à blablater médecine dans le vestibule des boîtes aux lettres avec cet adolescent ? Toutes les insomnies ne répondaient pas aux même symptômes, par conséquent elles se soignaient toutes différemment, il savait ça. Alors qu’était-il en train de faire là, à corrompre la jeunesse comme un satyre à la sortie des écoles ?

Mais sans un mot de plus, le jeune homme récupéra la tasse et la vida en tout juste quatre longues gorgées.

Jensen se surprit à rire. A rire vraiment, en penchant la tête sur le côté et en plissant les yeux, ce qui, à son grand embarras, sembla émerveiller le garçon.

- Sensationnel, conclut-il en sortant le nez de la tasse.

Jensen n’étais pas certain de savoir de quoi il voulait parler, c’était embarrassant.

Fasciné, il observa ce jeune énergumène faire la chasse à la moindre goutte restante avec la pulpe de son index qu’il portait de temps à autres à sa bouche en fermant les yeux avec une expression extatique, et en se trémoussant sur une musique que lui seul devait entendre.

- Il parait que je peux faire un café du diable oui, confirma prudemment Jensen en récupérant sa tasse et en glissant les clefs dans la serrure de sa boîte aux lettres.

Quelque chose dans le cerveau de Jared sembla se mettre en place.

- Tu habites ici ! Je veux dire… tu habites ici ? Enfin… dans cet immeuble ?

- Tu sembles étonné.

- Je vis là depuis plus d’un an, je pensais sincèrement avoir croisé tout le monde.

A la grimace incrédule de Jensen il s’expliqua.

- Je suis le genre de voisin à se pointer à chaque appartement avec un plat cuisiné maison, invariablement des macaronis au fromage ou des macaronis au fromage, pour souhaiter la bienvenue. Je force l’entrée, c’est mon bélier subtil. Tu t’es peut-être installé récemment ?

Alors le type était incroyablement bavard en plus de ne pas respecter l’espace personnel d’autrui et d’être muni d’une franchise et d’une spontanéité dévastatrices.

 - Ça fera cinq ans au mois de Mars, répondit-il dubitatif.

La réponse prit Jared au dépourvu. Il ouvrit la bouche pour dire quelque-chose, la referma, puis la rouvrit, et finalement pinça les lèvres en tripotant le pendentif de son collier.

Jensen n’était pas très doué pour lire les gens, et comme il n’aimait pas parler, sa vie était souvent cousue de malentendus et de quiproquos. Pourtant il sut instantanément ce qui avait déclenché la petite moue boudeuse.

- Tu n’aurais rien pu y faire, je suis plus efficace qu’un courant d’air, la porte claque et je ne suis déjà plus dans le couloir.

- C’est impossible. Impossible.  Je fais le compte, la seule porte que je n’ai jamais vu s’ouvrir c’est celle de l’appartement…

Il s’interrompit brusquement et fixa Jensen avec dans le regard un mélange de curiosité et d’amusement.

- 804 ? Proposa doucement Jensen.

- Oui ! C’est toi ! On est voisin depuis plus d’un an, tu fais un café sataniquement orgasmique et je ne t’ai pas encore gratté l’amitié ?

- Je… passe plus de temps au travail que chez moi. Beaucoup plus de temps.

Le jeune homme tordit la bouche dans une petite grimace compréhensive.

- Sans compter qu’il n’est pas vraiment question de piquer un roupillon pour passer le temps…

Jensen glissa la montagne de pubs sous son bras droit et l’unique enveloppe de la compagnie d’électricité entre son index et son majeur tout en tenant toujours la tasse vide. De l’autre main il repoussa la porte de sa boîte aux lettres et leva les yeux vers son voisin.

C’était une phrase anodine, et pourtant personne ne considérait jamais vraiment ce genre de chose. On ne réalisait surement jamais autant la valeur d’un automatisme aussi simple que le sommeil que lorsqu’on en était privé. La tension permanente dans laquelle l’insomnie pouvait vous parquer, cette sensation comme une lumière trop vive qu’il n’y a jamais de fin à la conscience de son propre corps, pas une minute de repos à vos sens…

Jensen souffrait d’insomnie chronique depuis l’âge de quatorze ans, et ça n’avait fait qu’empirer avec les années. Entre ses vingt-deux et ses vingt-six ans son médecin l’avait mis sous antidépresseurs ; Il dormait si peu que chaque évidence à laquelle l’on ne devrait pas avoir à penser devenait un effort. Les bruits de fond de la maison vide la nuit, les chiffres verts du magnétoscope, le souci qu’il se faisait la journée et qu’il ne pouvait pas purger en dormant…

 La farandole de cachets sensée étouffer l’allure du manège de la vie dont il n’avait jamais le droit de descendre pour souffler dura jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus d’être anesthésié à chacun de ses pas. Jusqu’à ce qu’il préfère supporter le ronronnement perpétuel de son cerveau à la sensation de ne même pas pouvoir sentir le trottoir sous ses pieds.

Alors bien sur, il ne s’était jamais attendu à ce que quelqu’un comprenne ça, et il ne blâmait pas les gens autour de lui, mais avec une seule et unique phrase cet individu venait de lui rappeler que malgré tout ça n’était pas complètement impossible...

- Nope, pas vraiment en effet, pas de sieste.

- Je suis Jared, offrit enfin le jeune homme en tendant la main avec une expression impayable. On fait les choses à l’envers huh ? Mais je suppose que si j’avais dû partir sans te demander ton prénom j’aurais fini par tambouriner à ta porte jusqu’à ce que tu sois là pour m’ouvrir.

Jensen fixa la main tendue vers lui avec perplexité.

L’aisance avec laquelle cette conversation venait de se dérouler ne lui plaisait pas.

Primo parce qu’il n’avait pas mené la danse, et il fallait savoir que peu importe les circonstances, Jensen Ackles menait toujours la danse.

Et secundo parce qu’il n’était pas célèbre pour sa chaleur humaine ni son accessibilité, et qu’en l’espace de cinq malheureuses minutes il avait laissé, lui l’asocial borderline germophobe, un autre être humain établir le contact (et par là on entend tactile) avec lui et, pire encore, il avait offert son café de plein grès. Comme ça, sans rien attendre en retour, tel que, mettons la place de maître du monde, ou un abonnement à vie au même salaire que Bruce Willis.

- Nous sommes aux boîtes aux lettres, fit-il remarquer de but en blanc parce que le silence qui s’étirait entre eux devenait consistant, pour ne pas dire électrique.

Il continua de fixer la main de Jared, ce qui n’était certainement ni très poli -ni très normal- , se racla la gorge et poursuivit :

- Mon prénom. Il est juste sous ton nez.

Le jeune homme n’eut pas du tout la réaction escomptée. Il ne parut pas surpris par la rudesse de Jensen, encore moins vexé. Amusé au mieux.

Il attrapa la main de Jensen malgré ce dernier et l’emprisonna dans la sienne, presque deux fois plus grande, brûlante, en éclatant de rire.

Lorsqu’il fut calmé il reprit la parole. Sa voix était descendue d’une octave et Jensen n’était toujours pas décidé à lever les yeux comme sa maman lui avait pourtant poliment appris à faire en s’adressant à quelqu’un.

- Ne sous-estime pas ton voisin, je me pointerais à ta porte avec n’importe quelle excuse minable simplement pour… du café…

Il se pencha vers la boîte encore ouverte où les clefs étaient toujours suspendues pour lire l’étiquette et donc, inévitablement, se rapprocha de Jensen qui ne put se résoudre à reculer.

L’haleine de dentifrice au café du jeune homme lui balaya le visage lorsqu’il termina sa phrase.

- …Jensen.

Il ne recula pas tout de suite. Bien sur. C’eut été trop demandé pour la dignité de Jensen. Encore qu’il doutait qu’il lui en reste seulement une once. Sa voix retourna se planquer quelque part entre son estomac et son foi. Il n’était plus à une rébellion près de son propre corps, il devait sans doute s’estimer heureux de ne pas avoir laissé s’échapper de bruit embarrassant ou de ne pas s’être évanoui. Merde, pourquoi ne pouvait-il pas s’estimer heureux ?

Jared avait quoi ? Vingt et un, vingt deux ans tout au plus ? Tout juste légal. Mais il le faisait se sentir si petit que Jensen fut obligé de constater qu’il avait réappris à rougir. Après dix ans de travail, sa confiance en carton pâte venait d’être négligemment froissée et jetée par-dessus l’épaule, colossale épaule, de ce trou du cul à peine sorti de l’acné et des érections impromptues.

La confiance en soi qu’exsudait Jared n’était pas comparable au charisme de supermarché que Jensen s’appliquait à feindre avec l’aide de son psychiatre depuis qu’il était entré en thérapie.

Ses yeux grands ouverts, peut-être un peu hébétés, mais il ne l’avouerait pas même sous la torture, trouvèrent enfin ceux de Jared dans un élan de colère mal dirigé.

Ses satanés yeux verts. Ou bleus. Peut-être un peu jaune… Ses satanés yeux paresseusement entrouverts au dessus d’un insupportable sourire en coin.

En se perdant dans le panel de couleurs en spirales psychédéliques, cette valse hypnoytique entre les primas bleus et jaunes, ces tourbillons qui éclaboussaient les deux billes de verre qui ne lui étaient pas si étrangères...
En s'égarant dans ses yeux malgré lui, Jensen se demanda mal à l’aise si son petit voisin de pallier était en train de le draguer aux boîtes aux lettres…

TBC…

 






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[info]danaefilla
2008-10-12 06:06 pm UTC (link)
Punaise l'attendait celui là lol et franchement excellent, la rencontre du troisieme type ^_^

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[info]oofoetusoo
2008-10-13 08:35 am UTC (link)
Hey! Complètement happy de constater que tu suis toujours je dois l'avouer =)
Ravie que tu ais aimé la rencontre, j'ai tellement peiné pour la terminer!
Merci beaucoup pour le commentaire, ça motive ^^

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[info]danaefilla
2008-10-13 09:01 am UTC (link)
Mais de rien, en général quand j'aime une fanfic, j'essaye de la suivre et là j'aime beaucoup même si à la base je suis pas slasheuse, c'est tellement bien écrit et voila

^__^

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[info]padacklesdreams
2009-07-28 07:52 pm UTC (link)
J'adore cette fic ...j'adore le padackles...chui tomber sur le 1er chapitre par hasard et j'ai tout de suite adoré

MDr j'adore l'obession de Sandy sur la voisine

Des acteurs de Supernatural et des acteurs de QAF mélangés quel bonheur MDR

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[info]oofoetusoo
2009-08-02 05:35 pm UTC (link)
Hey ! Tu n'imagines même pas le choc (positif) de recevoir un commentaire pour cette fic!
Honnêtement je l'avais abandonné, j'étais un peu désespérée par mon propre travail...
Là jsuis si agréablement surprise que je me tâte à m'y remettre !
Contente que l'espèce d'hybride crossover/RPS entre QaF et SPN t'ait plu et merci encore pour ce petit commentaire inattendu :)

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